Blackwater – La Maison 3 (McDowell)

Grande maison sudiste avec étage, pièces sombres et humides. Entourée de vérandas et de chênes d’eau. Située à proximité de la Perdido. Possédant une vaste chambre d’amis avec penderie « maléfique ».

Bienvenue dans le 3ème tome de Blackwater !

Avec La Maison, le lecteur s’aventure au cœur même d’une endogamie malsaine et oppressante. SI Blackwater est (dans tous les sens du terme !) un immense roman, ses 1 200 pages tiennent dans les quelques km2 d’une petite ville oubliée de l’Alabama. Une unité de lieu d’autant plus oppressante que, dans ce 3ème tome de la saga, l’espace vital des personnages (et des lecteurs) se réduit essentiellement à la maison même d’Elinor et d’Oscar.

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Famille, je te hais

Ici, rancœurs, violence et tensions familiales s’exacerbent à l’extrême… Un mélange littéraire plus instable que la nitroglycérine et qui fait de La Maison un roman à parcourir et à lire avec précaution tant les révélations et les déflagrations guettent le lecteur au détour des pages. Attention aux ondes de choc ! Ce 3ème tome est celui des règlements de compte des deux premières générations Caskey .

Le titre du roman est à lui seul tout un programme ! On visite et on lit tout à la fois La Maison. Chaque chapitre est une nouvelle pièce visitée et la énième pièce d’un vaste puzzle familial où la survie des uns dépend de la mort des autres. Dans cet escape game violent et assassin, chaque échange prend la forme d’un « je t’aime, moi non plus » inquiétant.

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Enfance en péril et maison hantée

Reste qu’une Maison peut en cacher une autre… Au fil des pages, l’espace du roman se resserre et se contracte pour mieux entraîner le lecteur vers la chambre d’amis d’Elinor et d’Oscar puis vers une penderie inquiétante dont l’ouverture est annonciatrice de morts violentes. Et de fait, La Maison est un grand roman de l’enfance avec son cortège de peurs, d’angoisse et de fantômes tapis au fond des placards.

« Une fois que son père eut refermé la porte, Frances commença à douter que la chambre soit reliée au reste de la demeure. La chambre était peut-être réelle, mais les portes ne communiquaient plus avec la maison dans laquelle Elinor et Oscar vivaient. »

Pour la petite Frances, le « ça » angoissant de la penderie symbolise ce moi auquel elle n’a pas encore accès, cet héritage violent, entrecoupé d’images serpentines et batraciennes qu’elle n’a de cesse de repousser et qui n’a de cesse de remonter à la surface. Car l’héritage d’Elinor n’est pas facile à porter… et la penderie n’est au fond qu’une image symbolique de la source de la Perdido, de la vraie maison de France. Chez les Caskey, au milieu de la chambre coule une rivière…

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Blackwater – 3. La Maison – Michael McDowell – Première édition américaine : 6 livres publiés entre janvier et juin 1983 – Mon édition : première édition française – Monsieur Toussaint Louverture – 5 mai 2022 – 240 pages

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ON REVISE AVEC LES MINI CHRONIQUES DE NANILI !
Blackwater – 1. La Crue / Blackwater – 2. La Digue

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